Le 8 américain se joue avec un jeu de 52 cartes que vous avez déjà dans un tiroir, il s’apprend en trois minutes et une partie tient en un quart d’heure. C’est ce qui explique qu’on le retrouve autant en colonie de vacances qu’en fin de repas de famille.
Sa particularité tient en une carte. Le 8 se pose sur n’importe quoi et vous laisse annoncer la couleur de votre choix, ce qui suffit à retourner une partie mal engagée. Le reste des règles varie d’une famille à l’autre, et c’est justement là que les disputes commencent. Voici la version la plus répandue, les effets de chaque carte, et les réflexes qui font la différence quand tout le monde connaît les règles.
Ce qu’il faut pour jouer
- Un jeu de 52 cartes, sans les jokers dans la version de base.
- De 2 à 7 joueurs. À deux, la partie devient un duel tendu. À partir de cinq, les effets s’enchaînent et le hasard prend le dessus.
- Cinq minutes pour installer, un quart d’heure environ par manche.
Le donneur distribue cinq cartes à chaque joueur une par une. Le reste forme la pioche, posée face cachée au centre. On retourne la première carte de la pioche à côté pour ouvrir la défausse. Si cette carte d’ouverture est un 8 ou une carte à effet, remettez-la dans le paquet et retournez la suivante, sinon la partie démarre déjà déséquilibrée.
Certaines tablées distribuent sept ou huit cartes pour allonger les manches. Mettez-vous d’accord avant de commencer, pas au milieu de la première partie.
Comment se déroule un tour ?
Le joueur à gauche du donneur commence, puis on tourne dans le sens des aiguilles d’une montre. À votre tour, vous devez poser une carte qui correspond à celle du dessus de la défausse, soit par la couleur, soit par la valeur. Sur un 9 de cœur, vous pouvez donc poser n’importe quel cœur, ou n’importe quel 9.
Vous n’avez rien qui colle ? Vous piochez une carte. Si elle est jouable, la plupart des tablées vous autorisent à la poser dans la foulée. Sinon vous la gardez et le tour passe au suivant.
Le but est de vider sa main avant les autres. Quand il ne vous reste qu’une seule carte, vous devez l’annoncer à voix haute, en général en disant « carte ». Un joueur qui oublie et se fait prendre repioche deux cartes. C’est la même logique que le Uno, et c’est souvent ce qui décide les parties serrées.
Les cartes spéciales et leurs effets
Voici les effets les plus couramment appliqués. Chaque carte spéciale garde ses contraintes de pose habituelles, elle doit donc respecter la couleur ou la valeur en cours, à l’exception du 8.
| Carte | Effet | Détail qui compte |
|---|---|---|
| 8 | Se pose sur n’importe quelle carte et vous annoncez la couleur suivante | La seule carte qui ignore la couleur en cours |
| 2 | Le joueur suivant pioche 2 cartes et passe son tour | Il peut relancer avec un autre 2, et le total se cumule |
| 7 | Le joueur suivant passe son tour | À deux joueurs, vous rejouez immédiatement |
| As | Change le sens du jeu | À deux joueurs, revient à rejouer aussitôt |
| Valet de pique | Le joueur suivant pioche 5 cartes | Règle optionnelle, à annoncer avant de commencer |
Le 8, la carte qui donne son nom au jeu
Poser un 8 vous sort de n’importe quelle impasse et vous laisse imposer une couleur. Le réflexe de débutant consiste à annoncer la couleur dont on a le plus de cartes. Le réflexe qui gagne consiste à annoncer celle que le joueur suivant a manifestement arrêté de poser. S’il pioche depuis deux tours dès qu’un trèfle arrive, annoncez trèfle.
Le cumul du 2, la règle qui fait basculer les parties
Un joueur pose un 2, le suivant en pose un autre, le troisième doit alors piocher 4 cartes. Certaines tablées laissent le cumul filer jusqu’à 8 ou 10 cartes. D’autres l’interdisent complètement et forcent la pioche immédiate.
Cette règle change tout l’équilibre du jeu. Avec cumul, garder un 2 en réserve devient une assurance. Sans cumul, un 2 se joue dès que possible. Tranchez avant la distribution.
Comment gagner au 8 américain ?
Les règles s’apprennent en trois minutes, la stratégie prend un peu plus longtemps. Quatre réflexes suffisent à faire la différence.
Gardez un 8 pour la fin
Un 8 posé trop tôt ne fait que gagner un tour. Un 8 gardé pour l’avant-dernière carte garantit que vous pourrez poser, quelle que soit la couleur en cours. Beaucoup de parties se perdent en jouant son joker au premier blocage venu.
Comptez les couleurs qui sortent
Il y a treize cartes par couleur. Quand vous en avez vu passer huit ou neuf en pique, les piques restants sont rares, et annoncer pique après un 8 devient une arme. Personne ne compte les cartes une par une dans un jeu de fin de repas, mais retenir quelle couleur a beaucoup circulé demande peu d’effort et rapporte gros.
Surveillez le joueur qui n’a plus qu’une carte
Dès qu’un adversaire annonce sa dernière carte, votre priorité change. Vous ne cherchez plus à vider votre main, vous cherchez à le bloquer. Un 2, un 7 ou un changement de couleur bien placé le renvoient à la pioche et vous rendent deux ou trois tours.
Ne videz pas une couleur trop vite
Se débarrasser de toutes ses cartes d’une même couleur paraît efficace. Le problème arrive deux tours plus tard, quand un adversaire annonce justement cette couleur avec un 8 et que vous n’avez plus rien. Gardez au moins une carte dans trois couleurs sur quatre aussi longtemps que possible.
Les variantes les plus courantes
Le 8 américain n’a pas de règlement officiel, ce qui explique que deux familles n’y jouent presque jamais pareil. Les variantes les plus répandues :
- Avec jokers. On ajoute les deux jokers, qui font piocher 4 cartes au joueur suivant. La partie devient plus rapide et plus brutale.
- Le contre-2 interdit. Impossible de relancer un 2 par un autre 2. La règle calme les parties à cinq joueurs et plus.
- Le 10 qui rejoue. Poser un 10 vous donne un tour supplémentaire, ce qui permet d’enchaîner deux cartes.
- Le décompte par points. Au lieu de s’arrêter à la première main vidée, on compte les cartes restantes des autres joueurs sur plusieurs manches, chaque figure valant 10 points et le 8 valant 50. Le premier à 100 points a perdu.
- La pioche jusqu’à trouver. Vous piochez tant que vous n’avez pas de carte jouable, au lieu d’une seule carte. Les mains gonflent vite.
Les erreurs qui coûtent des parties
- Poser sa dernière carte sans avoir annoncé. Deux cartes de pénalité, et souvent la partie qui vous échappe.
- Jouer une carte à effet sur un joueur qui a beaucoup de cartes. Faire piocher quelqu’un qui en a déjà onze ne vous rapporte rien, alors que le même 2 sur le joueur à deux cartes le renvoie loin.
- Annoncer sa couleur préférée après un 8, systématiquement. Les autres l’apprennent en deux manches et jouent contre vous.
- Ne pas fixer les règles avant de distribuer. Le cumul des 2 et le valet de pique sont les deux sources de disputes classiques.
Questions fréquentes
Combien de cartes distribue-t-on au 8 américain ?
Cinq cartes par joueur dans la version la plus répandue. Sept ou huit dans les versions longues, ce qui rallonge nettement les manches.
Peut-on jouer au 8 américain à deux ?
Oui, et c’est même une des meilleures formules. Le 7 et l’As vous font rejouer immédiatement, ce qui permet des enchaînements que vous n’aurez jamais à cinq joueurs.
Quelle différence avec le Uno ?
Le principe est le même, le Uno étant une version commerciale avec un jeu dédié. Le 8 américain se joue avec un jeu de 52 cartes classique, et ses règles varient d’une tablée à l’autre là où le Uno en fixe une seule.
Le 8 peut-il se poser à tout moment ?
Oui, c’est la seule carte du jeu qui ignore la couleur et la valeur en cours. C’est aussi pour cette raison qu’il vaut mieux la garder en réserve.
Si vous aimez les jeux où il faut vider sa main avant les autres, allez voir les règles du Président, qui repose sur la même idée avec une hiérarchie entre les joueurs, et le Skip-Bo, plus tactique. Pour rester sur le jeu de 52 cartes, le Nain Jaune se joue en famille dans le même esprit, et la belote à deux joueurs prend le relais quand vous n’êtes que deux et que vous cherchez plus exigeant.
