La bataille est le premier jeu de cartes que la plupart des gens ont appris, et probablement le seul dont personne n’a jamais lu les règles. À deux, tout le monde sait faire. À trois, les questions arrivent : comment répartir 52 cartes, qui gagne quand deux joueurs sont à égalité mais pas le troisième, que fait le joueur qui n’a plus de cartes.
Voici les réponses, avec les variantes qui rendent le jeu supportable au-delà de dix minutes. Parce que la bataille a un vrai défaut : sans aménagement, une partie peut durer une heure sans que personne ne décide de rien.
Ce qu’il faut pour jouer
- Un jeu de 52 cartes, ou 32 pour des parties plus courtes.
- Trois joueurs.
- Aucune compétence. C’est un jeu de pur hasard, et c’est justement ce qui le rend jouable dès quatre ou cinq ans.
La distribution à trois joueurs
52 cartes ne se divisent pas par trois. Deux solutions, à choisir avant de commencer :
- Retirer une carte du jeu, au hasard et sans la regarder. Chacun reçoit alors 17 cartes. C’est la méthode la plus propre.
- Distribuer tout, ce qui donne 18 cartes à un joueur et 17 aux deux autres. L’avantage est négligeable, mais autant en être d’accord.
Chaque joueur pose son paquet face cachée devant lui, sans le regarder. Personne ne connaît ses cartes, à aucun moment de la partie.
Comment se déroule un tour ?
Les trois joueurs retournent en même temps la carte du dessus de leur paquet.
La carte la plus forte remporte les trois cartes. Le gagnant les récupère et les place face cachée sous son paquet. On recommence.
L’ordre des cartes est le plus simple qui soit : As, Roi, Dame, Valet, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, l’As étant le plus fort. Les couleurs n’ont aucune importance.
La bataille à trois joueurs, le vrai sujet
C’est là que les règles à deux ne suffisent plus. Trois cas se présentent.
Deux joueurs à égalité, le troisième en dessous
Seuls les deux joueurs à égalité font la bataille. Le troisième ne participe pas, mais sa carte reste sur la table et ira au vainqueur du duel.
Chacun des deux pose une carte face cachée, puis une carte face visible. La plus forte des deux cartes visibles remporte tout le tas.
Les trois joueurs à égalité
Tout le monde fait la bataille. Chacun pose une carte cachée puis une carte visible, et la plus forte des trois emporte les neuf cartes.
Une nouvelle égalité pendant la bataille
On recommence, avec les mêmes joueurs. Le tas grossit à chaque fois, et c’est le moment le plus amusant du jeu.
Que faire quand un joueur n’a plus assez de cartes ?
Le cas classique : la bataille demande deux cartes et il n’en reste qu’une. Deux façons de trancher, à fixer d’avance :
- Il joue sa dernière carte face visible, sans carte cachée. C’est la solution la plus courante et la plus juste.
- Il est éliminé et ses cartes vont au vainqueur du tour. Plus brutal, mais ça raccourcit la partie.
Un joueur qui n’a plus aucune carte est éliminé. Les deux autres continuent, et le jeu redevient une bataille classique à deux.
Comment gagner ?
En récupérant toutes les cartes. Le dernier joueur qui en possède encore remporte la partie.
Dans les faits, une partie complète peut durer très longtemps. Trois aménagements que les familles utilisent :
- Jouer au temps. Vingt minutes, puis on compte les cartes. Le plus gros paquet gagne.
- Jouer avec 32 cartes au lieu de 52. Les batailles arrivent plus souvent, et la partie va bien plus vite.
- Fixer un nombre de tours, cinquante par exemple, avant de compter.
Trois variantes qui rendent le jeu plus intéressant
- La bataille corse. On empile les cartes au centre au lieu de les distribuer par tour, et dès que deux cartes identiques se suivent, le premier qui tape sur le tas le remporte. Le jeu devient un exercice de réflexes.
- La bataille inversée. C’est la carte la plus faible qui gagne. Rien ne change à la mécanique, mais l’habitude joue des tours et provoque des erreurs amusantes.
- La bataille des couleurs. On fixe une hiérarchie entre les enseignes pour départager les égalités sans faire de bataille. Les parties raccourcissent nettement, au prix du meilleur moment du jeu.
Un mot sur ce que la bataille apprend
Aucune stratégie n’existe : vous ne choisissez rien, jamais. C’est précisément son intérêt avec de jeunes enfants. Le jeu fait travailler la comparaison de valeurs, la reconnaissance des figures et la patience, sans demander la moindre décision.
C’est aussi la raison pour laquelle il lasse vite passé sept ou huit ans. À cet âge, un jeu où l’on décide quelque chose prend le relais avec beaucoup plus de succès.
Questions fréquentes
Combien de cartes par joueur à trois ?
17 chacun si vous retirez une carte du jeu, ce qui est la méthode la plus propre. Sinon 18 pour l’un et 17 pour les deux autres.
Qui participe à la bataille si seuls deux joueurs sont à égalité ?
Uniquement ces deux joueurs. La carte du troisième reste sur la table et revient au vainqueur du duel.
L’As est-il la carte la plus forte ?
Oui, dans la version classique. Certaines familles le placent en dessous du 2, ce qui crée une hiérarchie circulaire. Décidez avant de distribuer.
Que faire si un joueur n’a plus qu’une carte au moment d’une bataille ?
Il la joue face visible, sans carte cachée. C’est la solution la plus répandue et la plus équitable.
Combien de temps dure une partie ?
De dix minutes à plus d’une heure, sans limite théorique. Fixez une durée ou un nombre de tours si vous ne voulez pas y passer la soirée.
Peut-on jouer à la bataille à quatre ?
Oui, avec 13 cartes chacun et exactement les mêmes règles. Les batailles à trois ou quatre joueurs simultanés deviennent alors assez fréquentes.
Quand la bataille commence à lasser, il est temps de passer à un jeu où l’on décide quelque chose. Les règles du 8 américain s’apprennent en trois minutes et fonctionnent dès sept ans, le Nain Jaune se joue en famille dès cinq ans avec ses jetons, et le Président prend le relais chez les plus grands. Pour les jours où personne n’est disponible, notre sélection de jeux de cartes en solo fait le travail.
