MyStake est exploité depuis Curaçao par la société GTW B.V., sous licence de la Curaçao Gaming Authority. Le site est proposé en français, mais son opérateur ne figure pas sur la liste des opérateurs agréés en France. Constat effectué le 5 septembre 2026.
Le point décisif tient en une observation : sur les six produits que le site met en avant, quatre relèvent de catégories que la France n’autorise pas du tout. Cette fiche ne donne ni note ni recommandation, seulement ce qui est vérifiable.
L’essentiel en six points
- Exploitant : GTW B.V., société de Curaçao immatriculée sous le numéro 165433.
- Licence : Curaçao Gaming Authority, numéro OGL/2024/250/0115.
- Agent de paiement à Chypre : CYGTW LTD, à Limassol.
- Le site est proposé en français, ce qui vise clairement le public francophone.
- Quatre de ses six produits ne peuvent pas être agréés en France.
- L’opérateur n’apparaît pas sur la liste des opérateurs agréés publiée par l’ANJ.
Qui exploite réellement MyStake ?
Les mentions du site sont explicites, et elles méritent d’être citées précisément.
Le site est exploité par GTW B.V., une société constituée en vertu des lois de Curaçao sous le numéro 165433. Elle se déclare agréée par la Curaçao Gaming Authority pour proposer des jeux de hasard, sous le numéro de licence OGL/2024/250/0115, en application de l’ordonnance nationale sur les jeux de hasard offshore de Curaçao.
Un second acteur apparaît : CYGTW LTD, immatriculée sous le numéro HE 462903, dont le siège se trouve à Limassol, à Chypre. Cette société agit comme agent de paiement du titulaire de la licence et de la société mère.
Autrement dit, l’exploitation est à Curaçao, l’encaissement passe par Chypre, et le joueur est en France. Trois juridictions pour une seule partie, ce qui donne la mesure de la complexité en cas de litige.
Ce que le site propose
Le catalogue est large, et il est annoncé en français sur la page d’accueil : paris sportifs, sports virtuels, eSport, mini-jeux, casino et casino en direct. S’y ajoutent des tournois, des promotions et un club VIP.
C’est précisément cette largeur qui pose problème au regard du droit français.
Quatre produits sur six sont hors cadre en France

La loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 n’a ouvert que trois activités à l’agrément en ligne : les paris sportifs, les paris hippiques et le poker. Les loteries relèvent d’un monopole distinct confié à la Française des Jeux.
L’Autorité nationale des jeux ajoute une phrase sans ambiguïté : les casinos en ligne et les paris sur le eSport ne sont pas autorisés en France.
Passons le catalogue au crible.
- Le casino et le casino en direct ne peuvent être agréés par personne en France.
- Les paris sur le eSport sont explicitement exclus par l’ANJ.
- Les sports virtuels ne sont pas des compétitions réelles : leur résultat sort d’un générateur, ils ne peuvent donc pas figurer sur la liste des supports de paris autorisés.
- Les mini-jeux, de type crash, relèvent de la catégorie casino.
- Les paris sportifs sont la seule activité qui corresponde à une catégorie agréable. Encore faudrait-il que l’opérateur détienne l’agrément, ce qui n’est pas le cas.
Que vaut une licence de Curaçao pour un joueur français ?
Rien, sur le plan du droit français, et il faut être précis sur ce point.
Une licence de Curaçao est une vraie licence : elle autorise une société à exploiter des jeux depuis ce territoire, dans le cadre de la réglementation locale des jeux offshore. Elle n’autorise pas à proposer ces jeux en France.
Seule l’Autorité nationale des jeux peut agréer un opérateur pour le marché français. Sa liste est publique, elle indique pour chaque société les sites concernés et les catégories autorisées, et elle constitue le seul document qui fasse foi.
Ce que vous perdez concrètement
- Aucun recours en cas de litige. Ni l’ANJ ni un médiateur français ne peut intervenir sur un opérateur non agréé.
- Aucune garantie sur les fonds déposés. Rien n’impose de les séparer de la trésorerie de l’exploitant.
- Aucune exclusion applicable. L’interdiction volontaire de jeu ne vaut que pour les opérateurs agréés et les casinos autorisés.
- Aucune auto-limitation obligatoire. Les quatre réglages imposés aux opérateurs agréés, dont le seuil de reversement automatique, n’existent pas ici.
- Un circuit de paiement à l’étranger. Une contestation bancaire porte sur un encaissement réalisé depuis une autre juridiction.
Le club VIP, un mécanisme de rétention
Le site met en avant un club VIP et des tournois. Ces dispositifs ne versent rien en eux-mêmes : ils récompensent le volume de jeu par des avantages utilisables uniquement sur le site.
Le calcul qui permet de juger un tel programme tient en une division : combien faut-il miser pour obtenir un euro d’avantage ? Comparé à la marge du jeu, le résultat est presque toujours défavorable. Un programme de fidélité rend une fraction de ce que la marge prélève, sous une forme qui oblige à rejouer.
Comment vérifier tout cela vous-même
- Descendez en pied de page et lisez les mentions d’exploitation : société, juridiction, numéro de licence.
- Notez le régulateur cité. Curaçao, Anjouan, Costa Rica ou Malte ne sont pas des autorités françaises.
- Ouvrez la liste des opérateurs agréés publiée par l’ANJ et cherchez le nom de domaine exact, pas la marque.
- Regardez le catalogue. Un site accessible depuis la France qui propose casino, eSport ou sports virtuels ne peut pas être agréé.
- Repérez l’agent de paiement s’il est mentionné : il indique par où transitent vos dépôts.
Questions fréquentes
Qui exploite MyStake ?
GTW B.V., société de Curaçao immatriculée sous le numéro 165433, agréée par la Curaçao Gaming Authority sous la licence OGL/2024/250/0115, selon les mentions du site relevées le 5 septembre 2026.
MyStake est-il autorisé en France ?
Non. L’opérateur ne figure pas sur la liste des opérateurs agréés publiée par l’ANJ, et quatre de ses six produits relèvent de catégories qui ne peuvent pas être agréées en France.
La licence de Curaçao protège-t-elle un joueur français ?
Non. Elle autorise l’exploitation depuis Curaçao, sans effet en droit français. L’ANJ n’a aucun pouvoir sur un opérateur qu’elle n’a pas agréé.
Le site est-il en français ?
Oui, l’interface et les mentions légales sont proposées en français, ce qui n’a aucune incidence sur son statut juridique en France.
Qui encaisse les paiements ?
CYGTW LTD, société chypriote immatriculée sous le numéro HE 462903 et située à Limassol, agit comme agent de paiement du titulaire de la licence.
Peut-on parier sur le eSport en France ?
Non. L’ANJ indique que les paris sur le eSport ne sont pas autorisés, au même titre que les casinos en ligne.
Que faire en cas de litige avec un tel site ?
Aucun recours français n’existe. Il reste le service client du site, le régulateur étranger qui a délivré la licence, et une éventuelle contestation bancaire dans les délais propres au moyen de paiement.
Sources
Société exploitante GTW B.V., juridiction et numéro d’immatriculation 165433, licence de la Curaçao Gaming Authority n° OGL/2024/250/0115, référence à l’ordonnance nationale sur les jeux de hasard offshore, rôle d’agent de paiement de CYGTW LTD immatriculée HE 462903 à Limassol, langue française de l’interface et liste des produits proposés : mentions légales et page d’accueil du site, constat effectué le 5 septembre 2026. Liste des opérateurs agréés et catégories agréables : Autorité nationale des jeux, anj.fr, relevé du 4 septembre 2026. Interdiction des casinos en ligne et des paris sur le eSport : foire aux questions de la même autorité. Cadre légal : loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 et ordonnance n° 2019-1015 du 2 octobre 2019.
Pour comprendre pourquoi les sports virtuels ne peuvent pas servir de support de pari, lisez notre article sur les paris en sport virtuel. Pour une autre fiche établie selon la même méthode, voyez WildSultan. Et sur ce que valent réellement les programmes de fidélité, notre article sur les niveaux de fidélité détaille le calcul.
