À quoi servent les cartes du milieux poker ?

par Benjamin
Piles de jetons de poker sur fond bordeaux

Les cartes posées au centre de la table s’appellent les cartes communes, ou le tableau. Elles appartiennent à tout le monde en même temps, et c’est précisément ce qui rend le Texas Hold’em passionnant : vous et votre adversaire construisez vos mains avec les mêmes cinq cartes, plus deux cartes privées chacun.

Comprendre leur rôle, c’est comprendre tout le jeu. Voici à quoi elles servent, dans quel ordre elles arrivent, et comment les lire pour savoir où vous en êtes.

Les cinq cartes du milieu, dans l’ordre

Les cinq cartes communes au Texas Hold em : le flop de trois cartes, le turn et la river

Ces cinq cartes n’arrivent pas d’un coup. Elles se dévoilent en trois temps, et un tour d’enchères suit chacun d’eux. C’est ce découpage qui donne au poker sa tension progressive.

  • Le flop, trois cartes retournées ensemble. Vous connaissez d’un coup 60 % du tableau.
  • Le turn, la quatrième carte, seule.
  • La river, la cinquième et dernière.

Avant chacune de ces étapes, le donneur brûle une carte, c’est-à-dire qu’il l’écarte face cachée sans la montrer. C’est une protection contre les cartes marquées, héritée des casinos.

Comment se construit votre main

Vous avez deux cartes privées, appelées cartes fermées. Sur la table, cinq cartes communes. Votre main finale est la meilleure combinaison de cinq cartes que vous pouvez former avec ces sept-là.

Le point que les débutants comprennent de travers : vous n’êtes pas obligé d’utiliser vos deux cartes. Toutes les répartitions sont permises.

  • Vos deux cartes plus trois du tableau. Le cas le plus fréquent et le plus rentable.
  • Une seule de vos cartes plus quatre du tableau. Fréquent quand le tableau est fort.
  • Aucune de vos cartes, les cinq du tableau. C’est ce qu’on appelle jouer le tableau.

Jouer le tableau, le piège classique

Quand les cinq cartes communes forment à elles seules votre meilleure main, vous jouez le tableau. Le problème est évident dès qu’on y pense : tous les autres joueurs ont exactement la même main que vous, puisqu’ils utilisent les mêmes cartes.

Au mieux, vous partagez le pot avec tous ceux qui sont encore en jeu. Au pire, quelqu’un améliore ce tableau avec une de ses cartes privées et vous prend tout.

Miser en jouant le tableau ne rapporte donc jamais rien. C’est de l’argent envoyé dans un pot que vous ne pouvez pas gagner seul.

Lire le tableau : trois réflexes

Comptez les cartes de même couleur

Trois cartes de la même enseigne au tableau, et une couleur devient possible pour n’importe qui. Quatre, et elle devient probable. Un adversaire qui mise fort sur un tableau à trois piques a souvent le pique qui manque.

Repérez les suites possibles

Un tableau 8, 9, 10 ouvre une quinte à tous ceux qui détiennent un 7 ou un Valet. Les tableaux connectés sont les plus dangereux, et pourtant les débutants s’y accrochent parce qu’ils ont une paire.

Méfiez-vous des paires au tableau

Une paire visible signifie qu’un brelan ou un carré est possible chez l’adversaire. Elle ouvre aussi la porte au full. Sur un tableau appairé, votre grosse paire vaut beaucoup moins qu’elle n’en a l’air.

Le tableau change de valeur à chaque carte

C’est ce qui fait toute la difficulté. Une main excellente au flop peut devenir médiocre à la river sans que vous n’ayez rien fait.

Vous avez deux Rois, le flop tombe 7, 2, 9 : vous êtes très largement devant. Le turn amène un 10, la river un Valet. Le tableau affiche maintenant 7, 9, 10, Valet, et n’importe qui avec un 8 vous bat. Vos Rois n’ont pas bougé, la table s’est retournée contre eux.

La règle qui découle de ça : réévaluez votre main à chaque nouvelle carte, jamais une fois pour toutes.

Et dans les autres variantes ?

  • Texas Hold’em. Deux cartes privées, cinq communes, aucune obligation sur la répartition.
  • Omaha. Quatre cartes privées, cinq communes, mais une règle stricte : vous devez utiliser exactement deux de vos cartes et exactement trois du tableau. Ni plus, ni moins.
  • Stud. Aucune carte commune. Chaque joueur a ses propres cartes, dont certaines visibles.

La contrainte de l’Omaha est la source d’erreur numéro un chez ceux qui viennent du Hold’em. Une couleur au tableau ne vous sert à rien si vous n’avez pas deux cartes de cette enseigne en main.

Questions fréquentes

Comment s’appellent les cartes du milieu ?

Les cartes communes, ou le tableau. En anglais, le board. Elles se répartissent en flop, turn et river.

Combien y a-t-il de cartes communes ?

Cinq au Texas Hold’em et à l’Omaha : trois au flop, une au turn, une à la river.

Peut-on gagner sans utiliser ses cartes ?

Oui, en jouant le tableau. Mais tous les joueurs encore en lice ont alors la même main, et vous partagez le pot au mieux.

Pourquoi brûle-t-on une carte avant le flop ?

Pour empêcher qu’un joueur ayant aperçu ou marqué la carte du dessus n’en tire avantage. C’est une règle de sécurité venue des casinos.

Doit-on utiliser ses deux cartes au Texas Hold’em ?

Non, aucune obligation. Vous pouvez en utiliser deux, une, ou aucune. C’est justement ce qui distingue le Hold’em de l’Omaha, où la règle des deux cartes exactement s’applique.

Que se passe-t-il si deux joueurs ont la même main ?

Le pot est partagé. C’est fréquent quand le tableau est fort et que les cartes privées n’apportent rien.

Une fois le déroulement d’une main compris, il reste à savoir avec quoi jouer. Notre article sur la valeur des jetons au poker explique la convention des couleurs, et celui sur le nombre de jetons par personne vous aide à composer des tapis qui tiennent la soirée. Pour vous entraîner sans rien risquer, voyez notre sélection de poker gratuit sans inscription.

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